Vaccin contre le HPV : pourquoi filles et garçons doivent être vaccinés contre le cancer
Partout dans le monde, médecins et chercheurs mènent un combat acharné contre un ennemi invisible qui tue chaque année des centaines de milliers de femmes. Cet ennemi, c'est le papillomavirus humain – ou simplement HPV. Mais il y a une bonne nouvelle : nous avons une arme qui fonctionne. La question est de savoir si nous l'utilisons assez bien. Notamment en France, où nous sommes pourtant habitués à avoir un bon suivi de nos vaccinations.
Vaccin contre le HPV : bien plus que le cancer du col de l'utérus
Quand on parle de vaccination contre le HPV, la plupart des gens pensent immédiatement au cancer du col de l'utérus. Et c'est vrai – le virus HPV est responsable de presque tous les cas de cancer du col de l'utérus. En France, environ 3 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, et malheureusement, environ 1 000 femmes en décèdent. Mais le HPV ne s'arrête pas là. Le virus est également une cause majeure de cancers de la cavité buccale, du pharynx et des organes génitaux, tant chez les femmes que chez les hommes. Pourtant, rares sont les pays, comme l'Australie, qui ont réellement réussi à vacciner systématiquement les garçons.
Les garçons doivent aussi entrer dans la danse
En France, de nombreux oncologues et experts de santé publique plaident pour que les garçons soient systématiquement inclus dans la stratégie de vaccination contre le HPV. Leur argument est limpide : les garçons transmettent le virus et risquent eux-mêmes de développer des cancers de la bouche et de la gorge. Des études récentes montrent d'ailleurs que les cancers de la bouche liés au HPV sont en augmentation chez les hommes en Occident. Alors pourquoi, pendant des années, s'est-on uniquement concentré sur les filles ? Les mentalités évoluent, et de nombreux experts soulignent que nous devons faire de même en France. Il s'agit d'immunité collective – plus il y a de personnes vaccinées, plus il est difficile pour le virus de se propager.
Que dit l'Organisation mondiale de la santé ?
Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, a souligné à maintes reprises que nous avons une opportunité historique d'éliminer un cancer pour la première fois. L'objectif est que 90 % des filles dans le monde aient terminé leur vaccination contre le HPV avant l'âge de 15 ans. Et de plus en plus de pays incluent désormais les garçons dans leurs programmes nationaux. Cela nécessite une volonté politique et des efforts constants pour informer la population que le vaccin est sûr et qu'il fonctionne vraiment.
Où en est la France ?
En France, la vaccination contre le HPV a connu des hauts et des bas. Après quelques années marquées par des controverses et une baisse de la couverture vaccinale, nous sommes heureusement sur la bonne voie. La vaccination contre le HPV est recommandée pour les filles depuis 2007 et pour les garçons depuis 2021. Pourtant, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. La couverture vaccinale reste inférieure à celle de nos voisins comme le Royaume-Uni ou les pays scandinaves, et cela a un coût humain. Chaque fois qu'un adolescent de 11-14 ans n'est pas vacciné, on augmente le risque de voir, dans 20 ou 30 ans, davantage de cas de cancers du col de l'utérus et d'autres maladies liées au HPV.
- Cancer du col de l'utérus : Près de 100 % des cas sont dus au HPV.
- Cancers de la bouche et de la gorge : Le HPV est responsable d'une proportion croissante de ces cancers, surtout chez les hommes.
- Cancers des organes génitaux : Cancers de la vulve, du vagin, de la pénis et de l'anus peuvent être provoqués par le HPV.
- Condylomes (verrues génitales) : Une conséquence bénigne mais gênante de l'infection par le HPV.
Il est bon de rappeler que le vaccin est plus efficace lorsqu'il est administré avant le début de la vie sexuelle. C'est pourquoi il est proposé aux enfants en classe de 5e (environ 11-14 ans). Mais même si l'on est plus âgé, la vaccination peut encore apporter des bénéfices – parlez-en à votre médecin.
L'avenir est prometteur si nous agissons maintenant
Imaginez un monde sans cancer du col de l'utérus. Ce n'est pas une utopie – c'est un objectif réaliste si nous atteignons des taux de vaccination élevés et si nous veillons à ce que les femmes continuent de participer au dépistage. Car même si le vaccin couvre les types de HPV les plus dangereux, il persiste toujours un infime risque résiduel. Mais avec une action collective, nous pouvons sauver des dizaines de milliers de vies chaque année. Y compris ici en France. Il suffit que nous prenions tous – parents, médecins, pouvoirs publics – nos responsabilités et que nous disions oui aux vaccins lorsqu'ils sont proposés. Car comme on dit : mieux vaut prévenir que guérir.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez parler du vaccin contre le HPV, souvenez-vous qu'il ne s'agit pas seulement des filles et du cancer du col de l'utérus. Il s'agit de protéger toute une génération – filles et garçons – contre plusieurs formes graves de cancer. Nous en avons les moyens, nous en avons la connaissance, et nous en avons l'opportunité. Saisissons-la.