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Partners Group dans l'œil du cyclone : comment le géant financier suisse traverse la crise du crédit privé

Économie ✍️ Urs Frei 🕒 2026-03-13 06:12 🔥 Vues: 2
Siège social de Partners Group à Zoug

Ces temps-ci, on entend des murmures dans les couloirs des gestionnaires d'actifs. Il est question de fissures dans la façade de ce marché de 3 000 milliards de dollars que l'on croyait inébranlable : celui du crédit privé. Et au cœur de la tourmente, une entreprise bien connue chez nous – Partners Group, à Zoug. Alors que certains chantaient les louanges de l'ère dorée de la finance alternative, d'autres flairent aujourd'hui la tempête parfaite. Je ne suis pas adepte de la panique, mais à savoir lire les signes du temps, on sent que l'air se raréfie.

Quand l'IA devient le test de résistance des SaaS

L'élément déclencheur de l'agitation actuelle n'est pas un classique retournement de conjoncture, mais quelque chose de plus fondamental. Il s'agit de l'érosion silencieuse dans le secteur technologique, plus précisément chez les éditeurs de logiciels en mode SaaS. L'intelligence artificielle dévore ses enfants – ou du moins les modèles d'affaires de nombreuses entreprises qui se sont gavées de dettes ces dernières années. Ces sociétés, souvent présentes dans les portefeuilles des grands prêteurs privés, se retrouvent soudain avec des revenus en berne, tandis que le poids des intérêts se fait sentir. Partners Group, massivement investi dans ce segment via ses fonds, subit la pression tout autant que ses concurrents.

Qui tremble avec eux? Les suspects habituels

Partners Group n'est pas seul sur la sellette. Toute la profession observe les évolutions avec attention. Quelques acteurs se distinguent particulièrement :

  • CVC Capital Partners : Le poids lourd européen a lui aussi misé agressivement sur le crédit privé ces dernières années. On murmure que plusieurs de leurs participations tech sont sérieusement en perte de vitesse.
  • Delta Partners Group : Cette structure, un peu plus spécialisée, se concentre fortement sur les télécoms, les médias et la technologie – soit précisément les secteurs qui pourraient être laminés. Pour eux, ça devient vraiment tendu.
  • Partners Group (Japon) : La filiale nippone des Zougois gère un fonds dédié, très investi dans les entreprises technologiques asiatiques. Si l'effet domino se déclenche, Tokyo ne sera pas épargné non plus.

Le problème n'est pas que tous ces crédits fassent défaut en même temps. Le problème, c'est le risque de contagion. Si les premiers grands noms commencent à vaciller, la confiance dans l'ensemble du marché du crédit privé pourrait s'effondrer. Et là, même la meilleure diversification n'y pourra rien.

Le calme avant la tempête ? La stratégie de Partners Group passée au crible

Que fait donc Partners Group de différent ? Ceux qui connaissent la firme zougoise le savent : elle s'est toujours targuée d'avoir une vision à long terme et une approche très diversifiée. Elle ne détient pas que des créances, elle est aussi actionnaire direct d'entreprises. Mais c'est précisément ce qui pourrait devenir une arme à double tranchant dans la situation actuelle. Si le credit crunch frappe, les participations en fonds propres en pâtiront également. Des gens de l'intérieur me disent que depuis des mois déjà, l'entreprise s'emploie à couvrir ses positions les plus risquées – en toute discrétion, bien entendu. Personne ne veut du grand soir, mais tout le monde s'y prépare.

Qu'est-ce que ça signifie pour nous, ici en Suisse ?

Partners Group est un fleuron de la place financière suisse. Les caisses de pension et les assurances y ont placé des milliards. Si la bulle venait vraiment à éclater, cela n'affecterait pas seulement les bilans zougois, mais aussi la prévoyance vieillesse de nombreux Suisses. On n'en est pas encore là. Les marchés sont nerveux, mais pas en chute libre. Une chose est sûre, cependant : l'âge d'or de l'argent facile et du crédit sans contrôle est révolu. Maintenant, on va voir qui sait vraiment nager – et qui ne faisait que surfer sur la vague.

Restons à l'affût. Les prochaines semaines seront décisives. Partners Group et ses rivaux comme CVC et Delta Partners feront tout pour ne pas perdre la confiance. Y parviendront-ils ? C'est la grande question qui nous taraude tous.