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New York : collision entre un avion et un camion de pompiers à l’aéroport LaGuardia – quatre blessés

Monde ✍️ Urs Bühler 🕒 2026-03-23 14:28 🔥 Vues: 3

Quand les choses tournent mal à New York, c’est souvent avec un sens du drame qu’on chercherait en vain ailleurs. Ce week-end encore, à l’aéroport LaGuardia, les images parlent d’elles-mêmes. Voir cet appareil d’Air Canada, le nez au sol, la queue en suspens au-dessus du tarmac, et les équipes de secours déployer de la mousse pour maîtriser un incendie, c’est comprendre que quelqu’un vient de s’en sortir miraculeusement. Quatre blessés, aucun pronostic vital engagé : un petit miracle, vu la violence du choc.

Noyé sous la mousse : l’avion endommagé à l’aéroport LaGuardia

Chaos sur le tarmac : que s’est-il exactement passé ?

L’appareil, en provenance de Toronto, était en phase d’approche de la piste quand, selon les premières informations recueillies dans l’entourage du contrôle aérien, il a heurté un véhicule des pompiers de l’aéroport. J’ai moi-même connu LaGuardia il y a quelques années, quand un épais brouillard avait paralysé les opérations – cet aéroport est célèbre pour ses configurations complexes. Ici, pistes d’atterrissage et de décollage s’imbriquent comme un puzzle entre zones urbaines et East River. Les pompiers effectuaient apparemment une inspection de routine quand l’accident est survenu. Le véhicule a été littéralement broyé sous l’avion. Malgré tout, l’évacuation par les toboggans s’est déroulée dans un calme relatif, ce qui témoigne du professionnalisme de l’équipage.

Une longue série de moments d’horreur

Les accidents aériens, surtout ceux au sol, ont souvent leur lot de traquenards. Pour peu qu’on connaisse un peu le sujet, certains noms viennent immédiatement à l’esprit, comme autant de monuments funéraires dans l’histoire de l’aviation. On a parfois l’impression que ce secteur doit sans cesse réapprendre les mêmes leçons, parfois de la manière la plus dure.

  • Le vol United Airlines 173 : En 1978, à Portland, l’avion est tombé en panne de carburant pendant que l’équipage était absorbé par un problème de train d’atterrissage. Un cas d’école illustrant comment l’obsession d’un problème peut en faire oublier d’autres, vitaux.
  • Le vol Air France 358 : En 2005, à Toronto. L’avion a dépassé la piste par mauvais temps et s’est embrasé. Les 309 passagers ont survécu – une preuve d’excellence de la culture de sécurité aérienne, mais aussi un souvenir cauchemardesque.
  • Le vol Air Ontario 1363 : Et puis il y a l’hiver. En 1989 à Dryden, au Canada. Un avion qui n’a pas pu prendre assez de puissance au décollage à cause de la neige et de la glace. Cette tragédie a définitivement changé les règles de dégivrage.

Et bien sûr, le nom de Wiley Post. Ce pionnier borgne fut le premier pilote à faire le tour du monde en solitaire. Il est mort en 1935 dans un accident en Alaska, aux côtés de son ami Will Rogers. Des histoires comme celle-ci montrent que le ciel a toujours exigé des hommes le meilleur d’eux-mêmes : maîtrise technique, humilité et décisions rapides.

Un déjà-vu digne d’un roman ?

En réfléchissant à ces scènes, on a parfois l’impression de revivre un mauvais épisode. Il y a ce livre, « We all fall down : Roman » – le titre dit tout. Il parle de la fragilité d’un instant, de la rupture dans la routine. C’est exactement ce qu’ont vécu les passagers à New York. À un moment, on est attaché, on lit le journal, on pense à ses rendez-vous professionnels. L’instant d’après, tout s’emballe, l’avion tressaute, le métal grince, et on se retrouve soudain au cœur de ces scènes qu’on ne connaît d’habitude que par les journaux télévisés.

Il appartient désormais aux enquêteurs de faire le tri dans les débris. Les services d’enquête indiquent que tout sera examiné : les radars de piste étaient-ils correctement paramétrés ? Y a-t-il eu un malentendu entre la tour de contrôle et le véhicule des pompiers ? Était-ce cette fameuse « proximité dangereuse » propre à l’un des aéroports les plus confinés d’Amérique ? Les enregistrements du poste de pilotage ont été saisis. Pour les passagers, cet atterrissage à New York restera longtemps gravé dans les mémoires – celui où tout a basculé, mais où chacun a pu envoyer un message à ses proches pour dire : « Je vais bien. »