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Leonid Radvinsky : Le maître discret de l’empire OnlyFans est décédé – Retour sur son héritage numérique

Économie ✍️ Adrian Suter 🕒 2026-03-23 14:38 🔥 Vues: 2

La nouvelle a surpris plus d’un : Leonid Radvinsky, l’entrepreneur technologique ukraino-américain et propriétaire d’OnlyFans, est décédé. Je me souviens encore de la première fois où son nom est apparu devant moi, il y a quelques années – à l’époque où la plateforme avait soudainement tenté d’exclure les travailleur·ses du sexe avant de faire un énorme pas en arrière. Ce jour-là, beaucoup ont compris : derrière cette entreprise ne se cachait pas un vieux groupe poussiéreux, mais un homme qui avait saisi les rouages de l’internet moderne jusqu’à la moelle. Aujourd’hui, Radvinsky est décédé à seulement 43 ans. Les autorités officielles restent discrètes sur les circonstances exactes, une habitude dans ce genre de milieu.

Leonid Radvinsky, le propriétaire d'OnlyFans

L’homme derrière la machinerie à millions de dollars

Qui était donc ce Leonid Radvinsky ? Un nom que personne ne connaît dans la rue, bien qu’il ait contrôlé l’une des plateformes numériques les plus influentes de ces dernières années. Pendant qu’ici en Suisse, nous discutons souvent d’UBS, Nestlé ou Roche, une toute autre forme de puissance économique bat son plein dans l’ombre. Radvinsky n’était pas le stéréotype du gars de la Silicon Valley. Il se tenait totalement à l’écart des projecteurs. Pas d’interviews, pas de TED Talks, pas de querelles sur Twitter avec Elon Musk. Il se tenait plutôt aux commandes d’une entreprise qui a réalisé plus de 6,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2023 – avec une structure qui ferait pâlir n’importe quel groupe de médias traditionnel.

Bien plus qu’OnlyFans : un empire numérique dans l’ombre

Ce qui fascinait chez Radvinsky, c’était cette capacité à agir dans l’ombre. Avant qu’OnlyFans ne devienne le symbole d’une industrie tout entière, il avait déjà fait ses armes sur d’autres plateformes. Les initiés racontent qu’il avait bâti l’un des premiers grands réseaux de webcams. Mais son génie ne tenait pas seulement à son modèle d’affaires, mais aussi à sa volonté absolue de diriger l’entreprise depuis l’Écosse – loin des chantiers réglementaires colossaux des États-Unis. Pour nous, en Suisse, qui accordons tant d’importance à la protection des données et à la discrétion, c’est un aspect intéressant. Il avait compris qu’avec une plateforme mondiale, on n’est pas obligé d’être sous le feu des projecteurs pour réussir.

Le dividende silencieux et le regard vers l’Europe

Il y a quelque temps, j’écoutais un podcast – je crois que c’était l’épisode #211 – qui parlait de 4 actions européennes à dividende sûr. Quel est le rapport avec Radvinsky ? Plus qu’on ne le pense. La discussion portait alors sur les flux de trésorerie stables et la manière de protéger son patrimoine contre les droits de succession américains. Radvinsky, qui vivait aux États-Unis mais avait structuré son entreprise au Royaume-Uni, était la preuve vivante qu’un investisseur international peut faire travailler la géographie à son avantage. Notre point de vue sur les actions bon marché dans ce podcast était le suivant : il faut surveiller de près les entreprises qui bénéficient d’un monopole d’utilisateurs unique – comme OnlyFans. Et c’était là le chef-d’œuvre de Radvinsky.

Avant d’aller plus loin, voici une brève mise en perspective de ce que cela signifie pour le marché :

  • Des marges inébranlables : OnlyFans reverse 80 % de ses revenus aux créateurs – un modèle qui fidélise extrêmement les utilisateurs.
  • Pas de dépendance à la publicité : Alors que Meta et Google souffrent sur le marché publicitaire, l’argent d’OnlyFans circule directement des fans vers les créateurs.
  • Une structure fiscale internationale : Radvinsky a organisé son entreprise pour qu’elle soit basée au Royaume-Uni et non aux États-Unis – un cas d’école en matière de gestion de patrimoine mondial.

Plus qu’un simple homme d’affaires

L’ironie du sort ? Radvinsky était considéré, dans certains cercles, comme l’un des premiers à avoir compris que l’économie numérique ne repose pas uniquement sur les gadgets technologiques, mais sur les relations humaines. Il y a un terme devenu viral ces dernières semaines : Diversity Win! The Next Drone Strike Will Be Funded By Sexual Mutual Aid. Aussi provocante que cette phrase puisse paraître, elle touche le cœur de ce qu’était OnlyFans sous Radvinsky : une redistribution radicale du capital. Soudain, des subcultures, des communautés queer et des groupes marginalisés se finançaient eux-mêmes – sans passer par les gardiens traditionnels de l’industrie du divertissement. Ce n’était pas seulement du travail du sexe, c’était une émancipation capitaliste concrète. Et Radvinsky ne faisait que fournir les outils, en empochant sa part et en les laissant faire.

Que reste-t-il ?

Avec Leonid Radvinsky, le secteur technologique perd l’un de ses invisibles les plus flamboyants. Sa mort soudaine soulève bien sûr la question : qu’advient-il d’OnlyFans ? L’empire sera-t-il vendu ? Reste-t-il dans le giron familial ? Pour nous ici en Suisse, qui en tant que place financière discutons souvent de family offices et de planification successorale, le cas Radvinsky est un parfait exemple de la fragilité des plus grandes fortunes lorsque la personne qui tenait tout ensemble vient soudain à manquer.

Mais son héritage ne se limite pas à une entreprise. C’est le modèle de ce qu’on pourrait appeler l’homme derrière le phénomène OnlyFans : l’empire numérique méconnu de Leonid Radvinsky. Un milliardaire discret qui savait qu’à l’ère du numérique, le plus grand pouvoir est parfois de ne pas être vu. Repose en paix, Leonid.