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Prix de l'essence en Suisse : la flambée due au conflit iranien – Les conseils du TCS

Actualité ✍️ Lukas Berger 🕒 2026-03-07 23:19 🔥 Vues: 1

Ceux qui prennent la route ces jours-ci le ressentent directement dans leur porte-monnaie : le prix de l'essence en Suisse est de nouveau à la hausse. Ce que de nombreux automobilistes constatent déjà à la pompe a un fond politique bien réel. L'escalade au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz qui en découle font flamber les prix du pétrole dans le monde entier – et la Suisse n'est pas épargnée.

Prix de l'essence dans une station-service suisse

Pourquoi faire le plein devient plus cher

Le détroit d'Ormuz est l'une des voies navigables les plus importantes au monde. Environ un cinquième du commerce mondial du pétrole y transite. Les récentes actions militaires et les annonces de Téhéran ont fortement perturbé les chaînes d'approvisionnement. Conséquence : le prix du brut a littéralement explosé en l'espace de quelques jours. Même si l'essence que nous mettons aujourd'hui dans nos réservoirs a été achetée et raffinée il y a des semaines, les importateurs répercutent avec un certain décalage la hausse de leurs coûts d'approvisionnement sur les consommateurs. Il ne s'agit donc pas tant d'une "arnaque", comme certains conducteurs le murmurent à la caisse, mais tout simplement des répercussions des marchés internationaux. La première vague nous a touchés fin février, et ce ne sera pas la dernière.

La barre des deux francs en vue ?

La grande question que tout le monde se pose maintenant : jusqu'où le prix de l'essence en Suisse va-t-il encore grimper ? Les experts d'Avenergy Suisse prévoient que nous pourrions bientôt revoir le seuil des deux francs le litre. Roland Bilang, le directeur de la fédération professionnelle, met en garde contre une nouvelle hausse des prix dans les jours et semaines à venir. La dernière fois que nous avions vu de tels niveaux, c'était pendant la crise énergétique suivant la guerre en Ukraine, lorsque le prix avait brièvement dépassé les 2,20 Fr. Aujourd'hui comme hier, les crises géopolitiques font tinter les caisses des compagnies pétrolières – et ce sont les automobilistes qui trinquent. Le "Monsieur Prix" Stefan Meierhans ne peut que constater les dégâts, car il manque de moyens juridiques pour lutter contre ces flambées de prix "opportunistes", comme il l'a récemment déclaré dans une interview. Nicolas Pages, un économiste indépendant de l'énergie, voit également l'avenir en noir : "L'incertitude reste le principal moteur de la hausse des prix – et les marchés réagissent comme un monstre de Frankenstein difficile à dompter."

Le TCS comme guide dans ce chaos des prix

Mais nous ne sommes pas aussi démunis qu'il n'y paraît. Le TCS - Touring Club Suisse propose un outil excellent avec son radar des prix de l'essence pour dénicher les bonnes affaires. Car une chose est claire : le Comparateur de prix de l'essence Comparis (et autres comparateurs similaires) montre constamment que les écarts sont énormes. Aller simplement à la prochaine station-service d'autoroute, c'est se faire avoir. Mais en cherchant un peu, on peut réaliser de sérieuses économies. Voici quelques stratégies pour faire face à cette folie :

  • Évitez l'autoroute : Les stations-service le long des routes nationales sont traditionnellement les plus chères. Les prix peuvent y dépasser facilement les deux francs, alors qu'ils sont nettement plus avantageux au village d'à côté.
  • Utilisez des applications de comparaison : Que ce soit via le radar du TCS ou des services comme Cheap Fuel Prices — Fillzz – un coup d'œil rapide sur votre téléphone avant de prendre la route peut vous faire économiser pas mal d'argent. La comparaison vaut vraiment le coup, surtout près des frontières ou dans les régions comptant de nombreux fournisseurs.
  • L'esprit de clocher fait économiser : L'analyse du TCS pour 2025 montre que c'est à Bâle-Campagne et dans le Jura que l'on fait le plein de sans-plomb 95 et 98 au meilleur prix. En revanche, c'est cher à Uri ou à Genève. Et pour ceux qui veulent vraiment économiser, direction Samnaun – grâce à sa zone franche, l'essence y est imbattablement moins chère, même si la commune est souvent exclue des statistiques.
  • Ne vous étonnez pas des disparités régionales : La politique tarifaire est souvent opaque. Alors que Migrol communique ouvertement sur ses hausses de prix, d'autres comme Agrola ou Avia restent discrets et renvoient à leurs coopératives régionales, qui décident de manière autonome.

Un regard sur les chiffres actuels

Pour rendre tout cela un peu plus concret : début février encore, le prix moyen d'un litre de sans-plomb 95 était d'environ 1,67 franc. Cette époque est révolue pour l'instant. De nombreuses stations-service, comme celles de Coop Pronto, ont déjà augmenté leurs prix à 1,75 franc. Et la hausse va se poursuivre. Je pense que nous verrons le deux avant la virgule à de nombreux endroits dans les deux semaines à venir. La situation est dynamique, et l'espoir d'une fin rapide du conflit s'est malheureusement envolé. L'incertitude reste le principal moteur de la hausse des prix.

Restez donc vigilants, comparez les prix – vous découvrirez peut-être même telle ou telle station-service qui n'a pas encore suivi le mouvement. En ces temps, faire le plein devient une tâche stratégique.