Épidémie de méningite dans le Kent : ce que tous les étudiants et parents norvégiens doivent savoir
Ces derniers jours, une information a fait le tour du monde : une grave épidémie de méningite bactérienne touche le Kent, dans le sud-est de l'Angleterre. Deux jeunes adultes ont perdu la vie et 13 cas d'infection invasive ont été confirmés. Pour ceux d'entre nous qui suivent l'actualité santé, c'est évidemment une source d'inquiétude. D'autant plus que la souche B, particulièrement dangereuse, connue sous le nom de MenB, a été identifiée comme l'une des principales causes. Mais que se passe-t-il réellement, et pourquoi cette épidémie est-elle si grave ? Penchons-nous sur le sujet pour en retenir l'essentiel, sans avoir à consulter de lourds ouvrages médicaux.
Une boîte de nuit, foyer de l'épidémie
L'épidémie, que les autorités sanitaires britanniques qualifient de grave, semble avoir un épicentre : une boîte de nuit à Cantorbéry. Les autorités ont retracé la contamination jusqu'à des visites dans cet établissement les 5, 6 et 7 mars, et appellent tous ceux qui s'y trouvaient à contacter les services de santé pour recevoir un traitement antibiotique préventif. Les victimes sont des jeunes, principalement âgés de 18 à 21 ans, liés à une université et à plusieurs lycées de la région. L'une des personnes décédées est une jeune fille de 18 ans qui fréquentait une école à Faversham, l'autre est un étudiant de 21 ans à l'Université du Kent. Ce drame nous rappelle à quel point cette maladie peut évoluer à une vitesse fulgurante.
Un "angle mort vaccinal" explique l'ampleur de l'épidémie
Pourquoi cette épidémie touche-t-elle précisément ce groupe de jeunes adultes ? Plusieurs experts évoquent ce qu'on appelle un « angle mort vaccinal ». Le vaccin contre le méningocoque B (MenB) n'a été introduit dans le programme de vaccination infantile britannique qu'en 2015. Cela signifie que les étudiants actuels, nés avant environ 2015, n'ont jamais reçu cette offre de vaccin par le biais du service public. Ils constituent tout simplement une génération non protégée contre cette bactérie particulièrement dangereuse.
Comme le souligne un professeur en maladies infectieuses, il s'agit d'une vaste cohorte d'étudiants non vaccinés. Et lorsque les jeunes adultes vivent en promiscuité dans les résidences universitaires, font la fête et vont en boîte de nuit, la bactérie trouve un terrain propice à sa propagation. Nombre d'entre eux sont porteurs sains de la bactérie méningocoque dans la gorge sans jamais tomber malades, mais ils peuvent la transmettre par contact rapproché, en toussant, ou en partageant des bouteilles.
Comment gère-t-on une telle épidémie ?
La réponse des autorités britanniques est intéressante à observer. Elle suit une procédure standardisée pour endiguer la propagation de la méningite bactérienne :
- Traitement préventif et antibiotiques : Les personnes ayant été en contact étroit avec les malades se voient immédiatement proposer un traitement antibiotique à dose préventive. À l'Université du Kent, des centaines d'étudiants ont fait la queue pour en bénéficier.
- Information et fermetures : L'université a annulé tous les examens et évaluations en présentiel de la semaine afin de minimiser les contacts.
- Vaccination ciblée : Le ministre de la Santé a confirmé le lancement d'une campagne de vaccination ciblée pour les étudiants vivant en résidence universitaire dans la région du Kent.
Il est important de noter que, bien que l'épidémie soit grave, les autorités sanitaires soulignent qu'elle est localisée dans la région de Cantorbéry et qu'elles n'observent pas de propagation dans le reste du pays.
Qu'est-ce que cela signifie pour nous en Norvège ?
Pour nous qui vivons en Norvège, c'est un signal d'alarme, mais pas une raison de paniquer. L'Institut norvégien de santé publique (FHI) suit la situation de près. La principale leçon à en tirer est de connaître les symptômes. La méningite peut en effet facilement être confondue avec une grippe ou une gueule de bois, ce qui est particulièrement dangereux pour les étudiants qui pourraient ne pas prêter attention aux signaux de leur corps.
Soyez particulièrement attentifs à ces signes :
- Fièvre élevée soudaine
- Violents maux de tête
- Raideur de la nuque (impossibilité de toucher la poitrine avec le menton)
- Nausées et vomissements
- Photophobie (gêne ou douleur à la lumière)
- Éruption cutanée caractéristique (taches rouges ou violacées qui ne s'effacent pas à la pression d'un verre. C'est un signe d'infection généralisée.)
En Norvège, nous bénéficions d'une bonne protection grâce au programme de vaccination, mais le vaccin contre le méningocoque B ne fait toujours pas partie du programme général pour les adolescents plus âgés et les adultes, sauf s'ils appartiennent à des groupes à risque (comme les personnes sans fonction splénique). Le FHI recommande néanmoins ce vaccin à titre individuel, par exemple pour les étudiants se rendant dans des pays touchés par une épidémie, ou pour les jeunes participant à des festivals et aux célébrations du "Russ". Si vous avez un jeune de 16 à 19 ans à la maison qui prévoit de voyager ou de participer à de grands rassemblements, il peut être judicieux de discuter avec votre médecin traitant de la vaccination contre le méningocoque.
L'épidémie dans le Kent est un rappel tragique que cette maladie reste une menace, mais grâce à la connaissance et à une vaccination appropriée, nous pouvons nous protéger et protéger ceux que nous aimons.