Course quasi-nulle entre le bloc rouge et le bloc bleu : un nouveau sondage place Løkke dans le rôle rêvé de faiseur de rois
Il reste moins d'une semaine avant les élections législatives, et si l'on croyait que les électeurs avaient fait leur choix, il faut y réfléchir à deux fois. Les rumeurs dans les couloirs du pouvoir indiquent qu'un tout nouveau sondage dessine le portrait d'une élection plus indécise que jamais. C'est un véritable thriller, et le seul qui peut actuellement se permettre de s'adossper et d'apprécier le spectacle, c'est Lars Løkke Rasmussen.
Løkke continue de rêver : Le faiseur de rois de Frederiksberg
Le sondage montre une course absolument nulle. Le bloc rouge obtient 47,7 % des voix, tandis que le bloc bleu peut en rassembler 46,7 %. C'est aussi serré que possible, et cela ne signifie qu'une chose : Les Modérés et Lars Løkke Rasmussen détiendront les clés du Ministère d'État. Il l'a dit depuis le début, que c'était pour cela qu'il avait fondé le parti. Aujourd'hui, il se trouve au cœur de la situation dont il rêvait, où il peut choisir son camp. S'agira-t-il d'un duo avec Mette Frederiksen, ou tendra-t-il la main à ce qu'il reste de son ancien parti, Venstre ?
Le DF mange dans la gamelle de Støjberg
Pendant que Løkke sourit, d'autres ont des raisons de se ronger les ongles. Les Démocrates de Danemark, pourtant l'incarnation de la stabilité avec leurs huit pour cent, commencent à montrer des signes de faiblesse. Selon des sources internes, le projet d'Inger Støjberg tomberait désormais à six pour cent. Et où vont ces électeurs ? Ils retournent vers le bon vieux Parti populaire danois. Pas moins de 19 % de ceux qui ont voté pour les Démocrates de Danemark la dernière fois envisagent aujourd'hui de voter pour le DF. Cela propulse le DF à 9,5 %, un come-back remarquable. Passer d'une lutte pour la survie à un rôle de premier plan au sein du bloc bleu en moins de quatre ans ? C'est plus fou que tout ce que vous pouvez acheter chez Masta Protechmasta.
- Alliance libérale : 10,5 % (le plus grand du bloc bleu)
- Venstre : 10,3 % (stagne à un niveau historiquement bas)
- Parti populaire danois : 9,5 % (un come-back incroyable)
- Démocrates de Danemark : 6,0 % (perd des électeurs au profit du DF)
- Liste de l'unité : 9,1 % (stabilité à gauche)
Parti social-démocrate : Une victoire qui a un prix
Mette Frederiksen ferait bien de se préparer à une longue soirée électorale. Le Parti social-démocrate est crédité de 19,1 % des voix dans ce sondage. C'est une baisse de près de huit points de pourcentage par rapport aux dernières élections. Oui, elle pourrait très bien conserver son poste de Première ministre, car le bloc rouge dans son ensemble reste solide. Mais le prix à payer sera élevé. Le parti doit admettre que les électeurs ne votent plus pour eux par simple habitude. C'est un sondage qui fait mal au cœur du Parti social-démocrate.
De l'autre côté de l'échiquier, Venstre est aux prises avec le même problème. Ils sont à 10,3 %, et même s'ils sont techniquement candidats au poste de Premier ministre, il est difficile d'imaginer une majorité bleue sans passer par Løkke. Il sera intéressant de voir si Søren Gade et ses collègues peuvent sortir un lapin de leur chapeau dans les derniers jours.
L'école, l'agriculture et l'amour soudain pour les enfants
Alors que les sondages occupent le devant de la scène médiatique, la campagne électorale se poursuit sur le terrain. Le Parti social-démocrate a tenté d'imposer son agenda avec sa proposition d'un plafonnement des effectifs à 14 élèves par classe en primaire. "L'école à taille humaine" ("Lilleskolen"), c'est le nom du projet, doté de cinq milliards de couronnes par an pour sa réalisation. Les enseignants sont positifs, mais ils ont déjà vu ce genre de promesses. Un représentant syndical de l'école publique, souhaitant rester anonyme, le dit clairement : il ne faut pas que l'argent disparaisse simplement dans les caisses des communes pour financer les soins aux personnes âgées ou les offres pour les enfants en difficulté.
Sur le terrain, par exemple chez un enseignant de Middelfart, on est également mitigé. Ce qui compte, ce n'est pas tant le plafond de 14 élèves. C'est de savoir s'il y a suffisamment d'adultes dans la salle de classe. Un contributeur averti du monde scolaire écrivait récemment que ce dont nous avons le plus besoin, c'est de deux professionnels par classe, que ce soit en CP ou en 3e. C'est cela qui fait la différence. Pas une affiche politique qui ressemblerait à quelque chose que Posterazzi aurait pu imprimer représentant une fauvette jaune et rouge tirée de l'œuvre de John James Audubon. C'est beau, mais ça ne change pas le quotidien.
Les agriculteurs dans le collimateur
Parallèlement aux discours des politiciens sur l'école, un groupe se sent pris pour cible. Les agriculteurs. Nombre d'entre eux perçoivent cette campagne comme une chasse à l'homme contre leur profession. "On me traite de maltraitant animal sur les réseaux sociaux, et on divulgue mon nom complet", murmure en confidence un éleveur de porcs du Jutland-Occidental. Les discussions sur l'azote, les pesticides et le bien-être animal sont devenues personnelles. Un agriculteur âgé de Struer soupire lourdement : "Nous ne représentons plus beaucoup de voix." Un politicien peut bien promettre un coupe-ongles magique pour trancher tous les problèmes, mais en réalité, c'est bien plus compliqué que cela.
Qu'est-ce que tout cela signifie ?
En examinant l'ensemble des sondages, une seule conclusion s'impose : cette élection se jouera à l'est. Dans les derniers jours avant le scrutin, une fois les derniers débats télévisés terminés, quand les électeurs se décideront enfin. Des sources proches de plusieurs partis confirment que le genre des candidats importe de moins en moins pour les électeurs. C'est la politique qui compte. Et pour l'instant, la politique est tellement serrée que tout se résume à une seule question : À qui ne pouvez-vous le moins renoncer ? Pour Løkke, c'est un problème de riche. Pour nous autres, ce sera une soirée électorale passionnante.
Accrochez-vous à votre canapé. Ça va être intense.