Alexander Stubb montre la voie : pourquoi l'Ukraine va gagner la guerre – et ce que cela signifie pour la Suède
On n'entend pas tous les jours un chef d'État en exercice corriger aussi explicitement la seule superpuissance mondiale. Mais Alexander Stubb n'est pas un président comme les autres. Lorsqu'il a déclaré ce week-end que les États-Unis ont tort à propos de l'Ukraine, ce n'était pas qu'une simple marque diplomatique. C'était une déclaration ferme d'un leader qui refuse d'accepter le tableau pessimiste diffusé par certains à Washington. Il l'a dit sans détour : l'Ukraine est en train de gagner cette guerre.
Et vous savez quoi ? Je pense qu'il a raison. Mais il ne s'agit pas seulement d'une rhétorique militaire optimiste. Pour ceux d'entre nous qui ont suivi le parcours de Stubb – du député européen, en passant par le gouvernement Stubb en tant que Premier ministre, jusqu'à ses fonctions actuelles – il est clair que c'est un homme qui a toujours joué le jeu sur le long terme. Il ne regarde pas seulement la carte du champ de bataille du Donbass ; il observe la carte du pouvoir mondial, du commerce et de la diplomatie. Sa dernière déclaration est un signal clair adressé à l'Europe comme aux États-Unis : il est temps de se ressaisir.
Du triathlon à la direction de l'État
Pour comprendre pourquoi Stubb est si sûr de son fait, il faut comprendre l'homme. Ce n'est pas un hasard si sa biographie, ou si l'on veut, le livre invisible Alexander Stubb - Matka presidentiksi - Valta, politiikka ja urheilu, résonne dans chacune de ses apparitions publiques. C'est un athlète. Quelqu'un qui a terminé un Ironman. Et dans politiikka ja urheilu (politique et sport), on retrouve le même ADN : de l'endurance, une intelligence tactique et un refus d'abandonner quand le vent contraire souffle le plus fort.
Tout comme dans une épreuve de triathlon, la guerre en Ukraine ne se joue pas sur le leadership après le premier kilomètre. Il s'agit de tenir sur toute la distance. Stubb voit que l'Ukraine, avec le soutien approprié, a l'endurance nécessaire. La Russie, avec son économie exsangue et son isolement, ne l'a pas. C'est un calcul basé sur la réalité, pas sur des vœux pieux. Il voit que l'Ukraine gagne cette guerre, non pas par une parade militaire spectaculaire à Moscou, mais en érodant lentement mais sûrement la machine de guerre russe.
Pourquoi Stubb va à contre-courant
À une époque où de nombreux dirigeants occidentaux parlent de conflits gelés et de solutions négociées, Alexander Stubb s'avance pour contredire ce discours. Son message à la Maison-Blanche est on ne peut plus clair : Vous devez comprendre que l'Ukraine est en train de gagner la guerre. Ce n'est pas un conflit par procuration où nous devrions nous contenter d'un compromis. C'est un combat pour l'avenir de l'ordre de sécurité européen. Pour nous, en Suède et dans les pays nordiques, c'est une question existentielle. Une victoire russe signifierait un nouveau rideau de fer sur la mer Baltique.
Son argumentation repose sur plusieurs piliers, et c'est là que l'on reconnaît l'analyste chevronné :
- La dimension morale : Reculer maintenant face à l'Ukraine serait abandonner un État souverain. Point final.
- La dimension stratégique : Une Russie arrêtée en Ukraine est une Russie qui ne menace pas le flanc est de l'OTAN, y compris la Finlande et la Suède.
- La dimension économique : Les coûts à long terme d'une victoire russe – en termes de réarmement, d'instabilité et de flux migratoires – dépassent de loin le coût du soutien à l'Ukraine jusqu'à la victoire aujourd'hui.
Un nouveau ton dans les pays nordiques
Les déclarations de Stubb marquent un nouveau ton, plus assuré, de la part de la Finlande. Ce n'est plus le pays voisin prudent qui pèse chaque syllabe face à Moscou. C'est un allié de l'OTAN qui parle aux États-Unis en tant qu'égal. Il dit des choses que de nombreux dirigeants européens pensent, mais que peu osent formuler aussi directement. Pour nous, observateurs suédois, c'est rafraîchissant. Cela nous rappelle que nous avons un allié proche qui non seulement partage nos valeurs fondamentales, mais qui est également prêt à se battre pour elles avec une acuité intellectuelle et un courage politique.
Au final, Alexander Stubb n'est pas seulement un président finlandais. Il est en train de devenir l'une des voix européennes les plus influentes en matière de politique de sécurité. Son analyse selon laquelle l'Ukraine est en voie de gagner, et son insistance obstinée pour que les États-Unis le comprennent, façonneront le débat à venir. Pour les entreprises et les investisseurs qui tentent de naviguer dans ce paysage géopolitique, le signal est on ne peut plus clair : ne comptez pas sur un succès rapide de la Russie. Attendez-vous à une guerre longue et prolongée où l'endurance et un lien transatlantique solide feront la différence. Et dans ce marathon, nous venons de nous trouver un nouveau et solide capitaine pour l'équipe nordique.