Mitchell Santner : Le capitaine « Flatline » prêt à faire taire une nation en finale de la Coupe du Monde T20
Si l'on ne fait que survoler la feuille de match du stade Narendra Modi en ce moment, on pourrait penser que cette finale de la Coupe du Monde T20 se déroule comme prévu. Un stade comble de plus de 100 000 personnes, rugissant en bleu, avec les ouvreurs indiens Abhishek Sharma et Sanju Samson traitant l'attaque néo-zélandaise comme une simple séance d'entraînement. Mais si vous avez suivi cette équipe des Black Caps le mois dernier, vous savez que l'homme qui tire les ficelles sur le terrain n'est pas déstabilisé par le bruit. Pas le moins du monde.
L'homme qu'on surnomme « Flatline »
Mitchell Santner ne panique pas. Ses coéquipiers le surnomment « Flatline » parce que son rythme cardiaque semble osciller juste au-dessus de zéro, qu'il défende 14 runs lors de la dernière over ou qu'il aille battre alors que la manche est en plein désarroi. C'est cette énergie qu'il a insufflée à cette campagne. Alors que le reste du monde du cricket s'évertue à vanter la puissance de feu du line-up indien ou le mystère du spin de Varun Chakravarthy, Santner a tranquillement orchestré un tournoi où la Nouvelle-Zélande semble prête à réaliser le hold-up parfait.
Avant la finale, interrogé sur les 130 000 supporters qui le voulaient vaincu, il n'a pas servi les lieux communs diplomatiques habituels. Il l'a carrément admis : « L'objectif est de faire taire le public. ». Il est même revenu sur 2021, rappelant à tous comment Pat Cummins avait fait exactement la même chose à l'Inde sur ce même terrain en finale de la Coupe du Monde ODI. Ce n'est pas de l'arrogance ; c'est juste la manière néo-zélandaise d'énoncer la mission.
Gagner le toss, courir après le rêve
Santner a vu juste au toss et a décidé de chasser. Sur un terrain aussi vaste qu'Ahmedabad, chasser peut être une arme psychologique, surtout contre une équipe noyée sous les attentes. « Nous allons essayer de les limiter à un score que nous pourrons chasser », a-t-il déclaré avec ce calme qui précède généralement la tempête. Mais limiter cette équipe indienne est plus facile à dire qu'à faire. Le powerplay que nous venons de voir a été brutal : l'Inde a inscrit 92 runs, le total le plus élevé dans un match de Coupe du Monde T20.
C'est là qu'entre en jeu le manuel du capitaine Santner. Il sait qu'on ne peut plus simplement « contenir » des line-ups comme celui-ci. Comme il l'a mentionné avant le match, « La seule façon de ralentir une équipe, c'est de prendre des guichets d'entrée ». Il a besoin d'une percée, et il en a besoin maintenant pour mettre la pression au milieu des overs.
Le facteur Nicholas Pooran (même s'il n'est pas là)
Vous vous demandez peut-être pourquoi le mot-clé longue traîne Nicholas Pooran vs. Mitchell Santner apparaît sans cesse dans les tendances. Bien que Pooran ne soit pas dans cette finale (les West Indies ont fait un tournoi difficile), ce duel définit la valeur de Santner. Santner est le maître du « shut-down spell », cette phase de jeu où il verrouille tout. C'est le joueur que vous faites entrer quand un batteur gaucher flamboyant comme Pooran cherche à déchaîner la foudre. Au milieu des overs, Santner ne se contente pas de lancer des balles sans run ; il étouffe littéralement la vie des manches adverses. Contre l'Afrique du Sud en demi-finale, le schéma était établi. S'il peut reproduire cet étranglement contre des joueurs comme Suryakumar Yadav ou Hardik Pandya, la Nouvelle-Zélande peut faire traîner ce match jusqu'au bout de la nuit.
Un cœur de leader
Au-delà de la tactique, ce qui rend Santner spécial, c'est la façon dont son équipe parle de lui. Le jeune espoir Rachin Ravindra a résumé la situation après le match crucial contre le Sri Lanka : « Un capitaine comme Mitchell Santner vous donne l'impression d'être haut comme trois pommes et invincible ». Quand votre leader est aussi cool que Santner, ça déteint sur tout le groupe. Que ce soit Matt Henry prenant la nouvelle balle et frappant immédiatement lors des matchs précédents, ou Lockie Ferguson chargeant sur un terrain plat, ils adhèrent tous au mantra « on va faire notre truc, un point c'est tout ».
Oui, l'Inde est favorite. Oui, ils tentent de devenir la première équipe à défendre la couronne T20 et la première à la gagner à domicile. Mais l'histoire est une drôle de chose. La Nouvelle-Zélande n'a jamais perdu contre l'Inde dans un match de Coupe du Monde T20. Et ils ont un capitaine sur le point de remodeler le jeu, une over impassable à la fois.
Qu'ils soulèvent le trophée ou non, regarder Mitchell Santner orchestrer cette défense depuis le terrain sera le duel d'échecs qui définira cette finale. La foule est bruyante, mais « Flatline » n'écoute pas.
- Duel clé : Le spin orthodoxe du bras gauche de Santner contre le milieu de manche indien, très axé sur les droitiers.
- Le chiffre : Santner affiche un taux d'économie (economy rate) en T20I exceptionnel, le plaçant parmi les plus grands de l'histoire pour les bowlers avec plus de 400 overs.
- La citation : « Ça ne me dérangerait pas de briser quelques cœurs pour soulever le trophée, pour une fois. » - Mitchell Santner.