Le krach de l’or : pourquoi la chute après la guerre en Iran n’est pas une catastrophe, mais une opportunité
Quand le prix de l’or s’effondre alors que les installations pétrolières brûlent au Moyen-Orient, même les vieux loups de la Bourse ne savent plus s’ils doivent en rire ou en pleurer. C’est pourtant ce qui se passe depuis près de quatre semaines. Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le métal précieux a perdu près de 20 % de sa valeur. Ce lundi matin, le krach de l’or s’est même poursuivi allègrement : l’once est momentanément tombée à 4136 dollars, son plus bas niveau depuis fin décembre. Ceux qui ne font que se prendre la tête à deux mains passent peut-être à côté d’une opportunité unique qui se dessine actuellement.
Krach de l’or : la valeur refuge qui prend soudainement l’eau
En principe, la règle est simple : la crise s’aggrave, l’or monte. Tout Suisse qui a placé son argent en lingots ou en Vreneli connaît ce mécanisme. Mais cette guerre semble différente. La semaine dernière a été la pire pour l’or depuis 1983, avec une baisse de plus de dix pour cent. Cela ne colle pas du tout. Mais c’est précisément là que le bât blesse : le krach de l’or n’est pas une panique face à l’apocalypse, mais une correction de marché brutale, quoique logique.
Ce que beaucoup oublient : l’or venait de connaître sa meilleure année depuis 1979. L’engouement avant la guerre était immense, de nombreux spéculateurs n’étaient entrés sur le marché qu’à cause de la hausse vertigineuse des prix. Aujourd’hui, cette bulle éclate. S’ajoutent à cela des anticipations de hausse des taux d’intérêt – le pire ennemi du métal précieux qui ne rapporte rien. Alors qu’il y a quelques semaines encore, tout le monde rêvait de baisses de taux, les derniers signaux venus des banques centrales indiquent désormais une probabilité de plus de 45 % pour une hausse des taux avant la fin de l’année.
Les trois facteurs clés derrière le krach de l’or
Si tu veux vraiment comprendre comment tirer parti de ce guide sur le krach de l’or, tu dois en saisir les mécanismes sous-jacents. Trois éléments se conjuguent actuellement :
- Les ventes de liquidités forcées : Quand les marchés boursiers s’effondrent et que le prix du pétrole explose (le Brent de la mer du Nord repasse au-dessus des 113 dollars), les grands fonds ont soudainement besoin de liquidités. L’or est la première réserve à être sacrifiée pour compenser les pertes ailleurs.
- Le dollar fort : Cela semble paradoxal, mais le dollar américain s’est renforcé dans le sillage du conflit. Un dollar fort rend l’or plus cher pour les investisseurs étrangers, ce qui pèse sur son prix.
- Le choc des taux d’intérêt : En raison du prix élevé du pétrole et de l’inflation persistante, les banques centrales (Fed, BCE, et même notre BNS) doivent revoir leur copie. La hausse des taux rend les obligations d’État à nouveau plus attrayantes – ce sont les concurrentes directes de l’or.
Analyse : comment profiter au mieux du krach ?
Ceux qui font aujourd’hui une analyse du krach de l’or constateront que les raisons de détenir de l’or à long terme n’ont pas disparu. Les montagnes de dettes des pays industrialisés sont plus élevées que jamais, et la confiance dans le système de la monnaie fiduciaire n’a pas vraiment augmenté. Ceux qui savent comment utiliser le krach de l’or à leur avantage comprennent cette chute pour ce qu’elle est : une offre spéciale.
Des observateurs chevronnés du marché à Zurich, qui ne travaillent que sur les métaux précieux physiques depuis des décennies, le disent clairement : ceux qui gardent le sens de l’essentiel ne voient pas ici une catastrophe, mais la dernière chance avant la prochaine reprise. Mon expérience me dicte ce conseil : lorsque le prix de l’or corrige ainsi alors que la situation géopolitique est une poudrière, c’est généralement le signe que les cours vont bientôt repartir à la hausse. Ou quelqu’un croit-il sérieusement que le conflit en Iran fera baisser le prix du pétrole dans les mois à venir ?
Pour nous en Suisse, il y a un avantage pratique supplémentaire : le prix de l’or est certes exprimé en dollars, mais nous achetons en francs. Ceux qui achètent maintenant de l’or physique (que ce soit des lingots ou les bons vieux Vreneli) auprès d’une grande banque suisse ou d’un revendeur spécialisé sur place, sécurisent une valeur patrimoniale à long terme à un prix que nous ne reverrons peut-être pas de sitôt.
Mon conseil : laisse l’engouement de côté. Ce krach fait le tri entre les spéculateurs et les investisseurs à long terme. Le reste n’est que psychologie.