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Vendredi noir à la Bourse de Dubaï (DFM) sur fond de tensions avec l'Iran : quel impact pour les investisseurs ?

Économie ✍️ أحمد المنصوري 🕒 2026-03-05 09:42 🔥 Vues: 2
Le bâtiment de la Bourse de Dubaï

Ceux qui ont suivi les écrans de cotations du marché financier de Dubaï (DFM) ce jeudi ont été témoins d'un spectacle que nous n'avions pas vu depuis longtemps. Une mer de chiffres rouges sombres a envahi la séance, au milieu d'importantes ventes massives qui ont frappé les valeurs vedettes, en particulier dans les secteurs de l'immobilier et de la banque. Il ne s'agit pas d'une simple correction passagère, mais bien d'une réaction directe et brutale aux événements dans le voisinage, suite aux frappes iraniennes et à l'escalade rapide qui a mis toute la région sur des charbons ardents.

La séance a débuté par de lourdes pertes, qui se sont rapidement étendues de Dubaï à Abou Dabi, avant que la clôture administrative ne soit décrétée. Mais la question qui taraude chaque investisseur aujourd'hui est la suivante : avons-nous touché le fond, ou cette vague de ventes n'est-elle qu'un début ? En tant que personne qui suit le pouls du marché local depuis des années, je peux dire que ce que nous voyons aujourd'hui est la plus violente vague de panique à balayer les portefeuilles depuis le milieu de l'année dernière. La liquidité a chuté de manière drastique, les offres de vente surpassent largement les demandes d'achat, et tout le monde cherche à sortir par la moindre issue.

Pourquoi le marché a-t-il si peur aujourd'hui ?

La cause immédiate ne nécessite aucune interprétation. Les missiles et les drones qui ont sillonné le ciel à l'aube n'étaient pas qu'une simple information parmi d'autres. C'est un choc géopolitique qui frappe en plein cœur la confiance des investisseurs, étrangers comme locaux. Le marché financier de Dubaï (DFM), qui dépend fortement des flux étrangers et d'un état d'esprit optimiste, est le premier à être touché par de telles secousses. Tout le monde se souvient du vieil adage d'investisseur : "Au premier missile, vends ta première action." C'est exactement ce qui se passe en ce moment, même si le marché émirien semble géographiquement éloigné de la ligne de front, il en est très proche nerveusement.

  • Secteur immobilier : Des sociétés comme Emaar et Deyaar étaient en première ligne, les investisseurs estimant que toute tension régionale pourrait geler les projets et perturber le tourisme et les transactions.
  • Banques : Dubai Islamic Bank et Emirates NBD ont fortement reculé, dans un contexte de craintes d'éventuels défauts de paiement ou d'un ralentissement de l'activité économique.
  • Liquidité : Les ordres d'achat ont quasiment disparu, ce qui signifie que même ceux qui veulent vendre à bas prix pourraient ne pas trouver d'acheteur.

La clôture était-elle nécessaire ?

Les vétérans du marché financier de Dubaï (DFM) savent que la clôture administrative n'est jamais une décision facile. Mais dans des moments comme celui-ci, c'est un peu comme un "coupe-circuit" qui saute pour protéger les appareils de la surtension. La clôture a donné une chance aux esprits de s'apaiser et a empêché la spirale des pertes de mener à un effondrement total. Mais elle accroît bien sûr l'état d'attente, car lorsque le marché rouvrira demain ou après-demain, il devra absorber tout ce choc refoulé. Personnellement, je m'attends à une séance exceptionnelle, pleine de volatilité, et nous pourrions voir des tentatives de rebond rapides de la part des teneurs de marché, mais elles pourraient ne pas durer longtemps.

Qu'est-ce que cela signifie pour le petit investisseur ?

Dans ces séances de panique, je conseille toujours de ne pas agir sous le coup de l'émotion. La chute d'aujourd'hui est violente, mais ce n'est pas la fin du monde. Si vous êtes un investisseur à long terme, ces moments peuvent créer des opportunités en or, mais à condition que la tempête géopolitique se calme rapidement. Le vrai danger est que les tensions se transforment en une guerre ouverte, ce qu'aucune personne sensée dans la région ne souhaite. Pour l'instant, je pense que les marchés émiratis, grâce à la force et à la diversification de notre économie, sont capables d'absorber les chocs mieux que d'autres marchés, mais ils ont besoin de temps et de calme sur le front régional. La semaine prochaine sera cruciale pour déterminer la véritable direction du DFM.