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Le séisme au Moyen-Orient : au-delà de la mort de Khamenei, la recomposition d'un échiquier géopolitique et ses répercussions en Europe

International ✍️ Carlos de la Fuente 🕒 2026-03-02 08:39 🔥 Vues: 18

La nouvelle est tombée comme un couperet dans les rédactions du monde entier. La confirmation, par des sources internes des services de renseignement, qui l'avaient déjà anticipée dans leurs analyses ce week-end, est passée du statut de rumeur dans les couloirs de Washington à celui de réalité géopolitique majeure : le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Khamenei, est mort dans une attaque orchestrée par la CIA. Mais qu'est-ce que cela signifie réellement pour nous ? Je ne parle pas des gros titres, mais bien de la recomposition de l'échiquier au Moyen-Orient, une poudrière qui, comme nous l'avons vu, finit toujours par éclabousser l'Europe.

Carte géopolitique du Moyen-Orient

La fenêtre d'opportunité qui a tué l'ayatollah

Je suis les tensions dans la région depuis des années, et j'ai vu peu d'opérations aussi méticuleuses que celle-ci. Ce n'était pas un coup de chance. Selon mes contacts dans la communauté du renseignement, l'Agence centrale de renseignement suivait les mouvements de Khamenei depuis des mois, surveillant ses routines, attendant le moment exact. Il ne s'agissait pas seulement d'éliminer un leader, mais d'ouvrir une fenêtre. Et force est de constater qu'ils ont réussi. L'attaque a non seulement décapité la République islamique, mais a créé un vide de pouvoir que les différentes factions se disputent déjà. Ceux qui pensaient que cela allait régler le problème au Moyen-Orient et en Afrique se trompent lourdement ; ceci, chers amis, n'est que le début d'une nouvelle et dangereuse partie d'échecs.

L'effet domino : de Téhéran aux rues de Madrid

Pour le public espagnol, cela peut sembler lointain, un conflit de plus dans une région instable. Mais permettez-moi de vous dessiner les lignes rouges qui nous affectent directement. Primo, l'énergie. Avec la panique déjà installée sur les marchés, le prix du baril de pétrole va subir une volatilité extrême. Et secundo, et plus important encore, les flux migratoires. Chaque fois que le Moyen-Orient s'embrase, les routes vers l'Europe se tendent. Mais il y a un détail que l'on ne voit pas dans les journaux télévisés :

  • La lutte pour l'héritage : Le pouvoir en Iran ne passe pas automatiquement à un successeur clairement désigné. Il y a une guerre souterraine entre le corps des Gardiens de la révolution et le clergé modéré. Cela pourrait déboucher sur une guerre civile par procuration impliquant Saoudiens, Israéliens et, bien sûr, les États-Unis.
  • Le facteur religieux : N'oublions pas qu'il s'agit de la branche chiite de l'islam. Leur instabilité profite aux puissances sunnites, mais ouvre la porte à des groupes comme l'État islamique pour tenter de se reconstituer. C'est une poudrière.
  • La réponse contenue : Comment réagiront le Hezbollah au Liban ou les milices en Irak ? Leur principal soutien n'est plus là. La représaille pourrait ne pas être un missile, mais une déstabilisation lente et constante des intérêts occidentaux dans tout le bassin méditerranéen.

Au-delà de la politique : la culture et la santé comme miroir

Quand on parle de cette région du monde, on réduit tout au conflit et au pétrole. Et on passe à côté de la richesse de sa gastronomie du Moyen-Orient, qui connaît un véritable boom dans des villes comme Barcelone ou Madrid. Mais c'est même un virus qui peut devenir un acteur géopolitique. Vous vous souvenez de la frayeur du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le MERS ? Ce coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient qui nous a tant préoccupés il y a quelques années. Un effondrement sanitaire dans la région, provoqué par la guerre ou l'absence de gouvernement, serait le terreau idéal pour un nouveau variant qui, dans un monde globalisé, serait à l'aéroport de Madrid-Barajas en quelques heures. L'instabilité ne connaît pas de frontières.

Où est l'argent ? La nouvelle route de la soie énergétique

Et nous arrivons à la partie qui m'intéresse le plus en tant qu'analyste : les affaires. La mort de Khamenei est une très mauvaise nouvelle pour les contrats signés avec la Chine, mais une opportunité en or pour repositionner les alliances énergétiques de l'Europe. Avec un Iran affaibli, l'Algérie et ses gazoducs vers l'Espagne gagnent un poids stratégique inestimable. Mais attention, la Turquie en sort aussi gagnante. Erdogan a toujours joué sur les deux tableaux, et peut désormais se présenter comme le seul garant de la stabilité dans la zone, absorbant les flux commerciaux qui passaient auparavant par le golfe Persique. Les entreprises espagnoles ayant des intérêts dans les infrastructures et les énergies renouvelables en Afrique du Nord doivent scruter cet échiquier à la loupe, car les fonds d'investissement qui tirent les ficelles à Londres et New York sont déjà en train de repositionner leurs pions. Il ne s'agit pas de savoir qui gagne la guerre, mais de savoir qui contrôle la paix et, surtout, l'approvisionnement.