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Aromat : le fleuron culinaire suisse sur le point d’être vendu aux Américains ?

Économie ✍️ Lukas Meier 🕒 2026-03-27 10:09 🔥 Vues: 2
Aromat Verkauf

Quand le petit pot rouge tombe de l’étagère à Thayngen, le bruit en résonne jusqu’à New York. C’est précisément là-bas que trône le géant des épices McCormick, et je l’entends de source sûre : les choses sérieuses commencent. Cela fait des années que ça se murmure dans les couloirs, mais aujourd’hui, c’est officieux : les Américains veulent Aromat. Et ce n’est pas tout – ils convoitent toute la branche épices de Knorr. Pour nous en Suisse, c’est comme si un coin de notre héritage soudainement se retrouvait au cœur d’une bataille de rachat. Ces derniers jours, j’ai pris le pouls à Thayngen, et une chose est claire : là-bas, on s’attend à tout. Mais pour être honnête ? L’affaire risque de laisser un goût amer à beaucoup.

Quand l’odeur du pays change de mains

Je me souviens encore du petit rituel quand ma grand-mère soulevait le couvercle du pot en verre brun. Dans notre cuisine, ce n’était jamais le design qui primait, mais bien ce qu’il y avait à l’intérieur. C’est exactement ce qui rend l’éventuelle vente d’Aromat si émotionnelle. Il ne s’agit pas d’un produit comme un autre, mais d’un morceau de notre identité. Alors que certains ne voient que les millions qui s’échangeraient entre les groupes, d’autres pensent au rôti du dimanche ou à la salade dégustée au bord du lac. Et ça, aucun billet vert ne pourra jamais le compenser.

Bien sûr, d’un point de vue purement économique, cette opération a du sens. McCormick veut enfin s’imposer en Europe, comme il le souhaite depuis longtemps. Mais nous, Suisses, ne sommes pas réputés pour céder nos traditions du bout des doigts. Et encore moins à un groupe dont je ne suis pas certain qu’il saisisse vraiment ce que cette poudre jaune, rouge, et parfois verte, représente ici.

De l’auto à la pharmacie : bien plus qu’un simple condiment

Ce que beaucoup ignorent : le sujet des « arômes » nous dépasse depuis longtemps la simple cuisine. Certes, les gammes comme Aromatherapy Associates et tout l’univers des parfums d’ambiance sont en plein essor – mais il s’agit là d’un marché totalement différent. Dernièrement, en flânant, je suis tombé sur une promotion exceptionnelle de systèmes de diffuseurs pour voiture haut de gamme, jusqu’à des kits de désodorisation au diazote pour l’habitacle. C’est clair : les gens veulent du bien-être partout, que ce soit en voiture ou à la maison.

Et puis, il y a l’autre extrême. L’autre jour, je suis passé devant un magasin d’usine d’arômes (oui, ça existe !) où ils proposaient des parfums et fragrances personnalisables en un nombre incalculable de variantes. Cela montre à quel point le désir de se créer un univers olfactif sur mesure s’est développé. En cette période où l’avenir d’Aromat fait débat, nombreux sont ceux qui se tournent vers le fait maison. Un ami à moi ne jure que par ses pots en verre brun avec bouchon à vis en uréthane noir - lot de 6 - rechargeables, recyclables, sans BPA, vendus vides qu’il a dénichés pour préparer ses propres mélanges d’aromathérapie. C’est astucieux, durable, et ça a un petit côté artisanal très authentique.

  • Le Suisse est un bricoleur dans l’âme : Les pots en verre brun vides sont en pleine demande. Que ce soit pour y préparer des sels d’herbes maison ou pour les offrir à sa voisine.
  • Les rituels perdurent : Pendant que l’industrie s’agite autour de la vente d’Aromat, les parents ici continuent d’acheter en masse les présentoirs INKEE de bombes de bain Paw Patrol pour enfants, 15 bombes colorées à l’huile de jojoba et au parfum de cerise – les petits veulent juste s’amuser.
  • La qualité avant tout : Des marques comme Baldini BioAroma Romarin montrent que les huiles essentielles et les parfums de qualité ont une place bien ancrée dans nos foyers.

Échappées en Autriche et retour aux sources à Thayngen

Peut-être que tout cela finira par s’emboîter. La semaine dernière, en famille, on a fait un petit voyage, une vraie escapade à Salzbourg et dans la Wachau. On s’arrête dans un petit vignoble, on sent le vin, les abricots, l’air ambiant – et on est soudainement pris par ce sentiment si particulier d’être chez soi. Au fond, c’est un peu la même chose chez nous : les gens là-bas sont attachés à leurs produits régionaux, tout comme nous le sommes à cet assaisonnement venu de Thayngen.

Alors si les Américains débarquent avec un chèque en béton, il ne s’agira pas seulement de chiffres. La vraie question est : peut-on se fier à notre instinct ? Et un groupe international peut-il vraiment capter l’âme qui sommeille dans ces petites boîtes rouges ? Pour ma part, j’ai un doute. Mais comme on dit joliment à Thayngen : on s’attend à tout. Une seule chose serait vraiment dommage : que l’odeur d’Aromat ne nous rappelle plus désormais les samedis matin dans la cuisine familiale, mais seulement les acquisitions et les résultats trimestriels.

Quoi qu’il arrive, une chose est sûre : les gens continueront ici à remplir leurs pots en verre brun, à diffuser leurs parfums favoris dans l’habitacle par la ventilation et à faire plaisir à leurs enfants avec des bombes de bain colorées. Mais si quelqu’un vient me dire que l’assaisonnement original de Thayngen sera bientôt produit outre-Atlantique, je ne le croirai que lorsque je le verrai de mes propres yeux. Et encore, même là, je regarderai de très près.