Hugo González Peña entre dans l'histoire des Celtics : la nuit où il a fait taire Milwaukee et imité Larry Bird
Il y a eu une nuit, il n'y a pas si longtemps, où le Madrilène Hugo González Peña n'était qu'un espoir dans les catégories inférieures du Real Madrid, un gamin qui pointait le bout de son nez en Liga EBA. Puis il y a eu la draft, le saut à Boston et les minutes de rodage dans une ligue d'adultes. Mais ce qui s'est passé hier soir au Fiserv Forum échappe à tout scénario de rookie. Ce n'était pas une simple performance ; c'était une déclaration d'intention en lettres majuscules.
Le bulletin de guerre d'une étoile montante
L'absence de Jaylen Brown pour maladie était le genre d'excuse que les seconds couteaux exploitent généralement pour signer une note de bas de page. Mais Hugo González n'est pas venu à Boston pour être une note de bas de page. Titulaire pour la première fois lors d'une nuit à saveur de playoffs, l'ancien joueur de La Pasiega a fini avec 18 points, 16 rebonds, 3 interceptions et 2 contres en 35 minutes d'une folie authentique. Pour vous donner une idée de l'ampleur du chiffre : un rookie des Celtics n'avait pas signé une ligne d'au moins 15 points et 15 rebonds depuis l'époque d'Antoine Walker en 1997. Mais l'affaire ne s'arrête pas là.
Quand on compare un gamin de 20 ans à un mythe, ça donne la chair de poule. Dans les couloirs du vestiaire du Massachusetts, on chuchote déjà qu'ils n'avaient pas vu un tel match chez un rookie depuis... Larry Bird. Oui, vous avez bien lu. L'élu. La Légende. Personne ne dit qu'Hugo va être Larry, mais hier soir, pour une nuit, son esprit combatif a reposé sur Milwaukee.
Le jour où on a gâché la nuit du Grec
Le plus savoureux de la soirée n'était pas le double-double, ni même les records personnels. C'était le duel direct avec Giannis Antetokounmpo. Joe Mazzulla, qui a déjà chargé Hugo de marquer des figures de la taille de Luka Doncic ou Donovan Mitchell, lui a confié la mission la plus difficile de la NBA : freiner le Greek Freak pour son retour sur les parquets.
Le résultat a été tout simplement brillant. Antetokounmpo moyenne cette saison à 64.5% aux tirs. Hier soir, avec Hugo González Peña collé à sa taille comme une bernacle, il a plafonné à 38.9% (7 sur 18 aux tirs). Oui, le MVP a fini avec 19 points et 11 rebonds, mais regardez-lui les poignets : il a dû cravacher dur. Le rookie espagnol n'a pas seulement tenu le choc, il lui a tenu tête et l'a obligé à forcer des tirs inconfortables maintes et maintes fois. Les Celtics n'ont pas hésité à le désigner comme le Joueur de la Nuit dans les conciliabules d'après-match. Un +27 au +/- quand il était sur le terrain, lors d'une nuit qui s'est terminée sur un humiliant 81-108 pour les Bucks.
De la boue de l'ACB au succès immédiat
Le meilleur dans tout ça, c'est que ce n'est pas un mirage. Ceux qui l'avons suivi depuis ses débuts au Real Madrid savons que sa matrice, c'est la résistance. N'oublions pas que nous parlons d'un joueur qui a fait ses débuts en ACB à 16 ans et qui a appris à se débrouiller dans des équipes remplies de vétérans où les minutes n'étaient pas un cadeau, mais une conquête. Son père, Paco, et sa mère, Montserrat Pena, tous deux professionnels, lui ont inculqué que le talent sans le travail ne sert à rien. Et force est de constater qu'il l'a appliqué.
Quand il est arrivé à Boston, sa première réaction au décalage horaire n'a pas été de dormir, mais d'aller tard dans la nuit shooter au panier. Cette obsession de s'améliorer, cette faim, c'est ce qui l'a amené à transformer ses 29% à trois points en Euroligue en la confiance nécessaire pour réussir hier soir 3 tirs sur 7 de derrière l'arc et 4 tirs sur 7 à deux points.
Quel est le plafond de verre de ce garçon ?
Le récit de la draft disait que c'était un projet défensif, un "3 and D" brut qu'il fallait polir au niveau du tir. Et oui, la défense est son habitat naturel. Mais hier soir, il nous a montré que son répertoire est bien plus vaste. Non seulement il a muselé une star, mais il a été le deuxième meilleur rebondeur de l'équipe et a montré une sérénité en attaque qui n'est pas courante chez les rookies européens. Cela élève la conversation de son rôle de "role player" à possible pierre angulaire de l'avenir des Celtics.
Et c'est là que nous entrons sur le terrain commercialement passionnant. Boston a un actif en or. Un joueur blanc, européen, charismatique et avec une histoire de dépassement de soi qui vend des maillots et des abonnements sur n'importe quel marché. Mais pour les analystes et les sponsors, la vraie valeur ne réside pas dans ses 18 points d'hier soir, mais dans la constance de son impact. Si Mazzulla lui confie la défense du meilleur joueur adverse dans les moments clés, sa cote dans le vestiaire (et au tableau) s'envole. C'est le type d'actif qui attire des contrats de sponsoring de premier plan et qui justifie des investissements millionnaires à long terme.
L'héritage d'une lignée
Je repense à cet exploit du Championnat d'Uruguay de Primera División 1980, où le Nacional de Montevideo a enfanté une super équipe qui est devenue plus tard championne du monde. Ce n'est pas un hasard si la grandeur sportive est toujours liée à l'émergence de figures qui transcendent les statistiques. Dans ces équipes uruguayennes, comme dans le Real Madrid de la Quinta del Buitre ou dans ces Celtics, il y a toujours un joueur qui comprend le sacrifice avant la gloire. Hugo est de cette pâte. Celle qui ne se dérobe pas dans La vallée des épées, comme diraient les classiques, mais qui aiguise la sienne et part guerroyer.
Hier soir, face aux Bucks, Hugo González Peña a cessé d'être un espoir pour devenir une réalité incontestable de la NBA. Et le meilleur dans tout ça, c'est que, pour ceux qui aimons ce sport, cela ne fait que commencer. Que Milwaukee tremble, qu'à Madrid et à Boston souffle un vent nouveau avec un accent espagnol et une faim de légende.
- 18 points (record personnel).
- 16 rebonds (record personnel).
- 3 interceptions (record personnel).
- Défense d'élite sur Giannis Antetokounmpo.
- Premier rookie des Celtics avec 15+ points et 15+ rebonds depuis 1997.