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« Nous n’aurons pas d’autre choix que de frapper Mumbai et Delhi » : l’inquiétante mise en garde de l’ex-ambassadeur pakistanais Abdul Basit en pleine tension avec les États-Unis

Politique ✍️ Vikram Sharma 🕒 2026-03-22 15:21 🔥 Vues: 1

Dans une déclaration qui a provoqué une onde de choc au sein des appareils sécuritaires du sous-continent, l’ancien haut-commissaire pakistanais en Inde, Abdul Basit, a lancé un avertissement aussi glaçant que sans équivoque. Invité d’une émission télévisée diffusée tard hier soir, ce diplomate chevronné, qui connaît les arcanes des relations indo-pakistanaises mieux que quiconque, a dressé un scénario des plus sombres : en cas d’attaque américaine contre le Pakistan, Islamabad n’aurait « pas d’autre choix » que de prendre pour cibles Delhi et Mumbai.

Ancien haut-commissaire pakistanais Abdul Basit

Ce genre de rhétorique n’est pas habituel de la part d’un diplomate à la retraite qui aspire à une vie tranquille. C’est la voix d’un homme qui a passé des années à la tête de la mission diplomatique pakistanaise à New Delhi, qui connaît les lignes rouges, les points de pression et la nature volatile de cette relation. Basit n’a pas mâché ses mots. Il a exposé le pire scénario possible, suggérant qu’un conflit entre les États-Unis et le Pakistan entraînerait inévitablement l’Inde dans la ligne de mire, faisant des capitales économique et politique indienne des cibles prioritaires. Selon ce que j’apprends de sources proches de l’appareil sécuritaire à Islamabad, il ne s’agit pas d’une simple posture médiatique : ce point de vue est sérieusement envisagé dans certains cercles du pouvoir.

Le scénario du « pire » exposé au grand jour

L’argument de Basit est un rappel brutal de l’interdépendance dangereuse qui caractérise la région. Selon lui, en cas d’engagement militaire américain contre le Pakistan, l’appareil sécuritaire pakistanais serait contraint d’ouvrir un second front. Et dans cette équation, l’ennemi de toujours de l’autre côté de la frontière, l’Inde, devient la cible évidente. La logique qu’il présente est celle d’une stratégie de survie et de dissuasion qui tourne terriblement mal. La mention de Mumbai et Delhi n’est pas anodine ; c’est une référence calculée aux centres névralgiques de l’Inde, les endroits où une frappe causerait le maximum de perturbations politiques et économiques. Un ancien officier du renseignement avec qui j’ai échangé a été direct : « Quand ils citent ces deux villes, ils sont très sérieux. »

Pour ceux d’entre nous qui suivent la politique du sous-continent depuis des décennies, cette musique n’est pas entièrement nouvelle, mais le contexte la rend assourdissante. Cela rappelle des épisodes de tension extrême par le passé, mais ce qui change aujourd’hui, c’est l’arrière-plan mondial. L’ombre des États-Unis et leur conflit potentiel avec le Pakistan est la nouvelle variable que Basit utilise pour formuler cette menace existentielle.

Plus qu’un simple diplomate : l’homme derrière l’avertissement

Pour mesurer le poids de ces mots, il faut connaître l’homme. Abdul Basit n’est pas un tribun politique cherchant à faire les gros titres. C’est un diplomate de carrière qui a été haut-commissaire du Pakistan en Inde. Il a été le visage du Pakistan à New Delhi, assis à la table des négociations avec les responsables indiens lors de certains des moments les plus critiques de l’histoire récente des relations bilatérales. Lorsqu’il parle, les appareils sécuritaires des deux côtés de la frontière l’écoutent, car ils savent qu’il connaît les rouages.

Il ne s’agit pas d’un nom qui apparaît au hasard en ligne ; c’est une voix singulière qui porte le poids d’une connaissance institutionnelle. Dans le paysage plus large des acteurs géopolitiques, on pourrait établir des parallèles avec des figures comme Ramzi Yousef d’une époque de conflit différente, ou d’autres opératifs clés comme Abdel Basset Hamouda, dont les noms sont gravés dans les dossiers des services de sécurité. Mais Basit, lui, agit au grand jour, dans le monde de la diplomatie et de la politique, ce qui rend ses menaces infiniment plus politiques et lourdes de conséquences. Son mandat l’a vu naviguer dans des dossiers complexes, et ses avertissements actuels sont imprégnés de cette expertise durement acquise, teintée de cynisme.

En analysant la situation actuelle, le message central de Basit tourne autour de quelques réalités brutales qui circulent désormais dans les cercles diplomatiques :

  • La perception de la menace par le Pakistan : L’appareil sécuritaire à Islamabad redoute sincèrement une confrontation militaire directe avec les États-Unis, qu’il considère comme une crise existentielle. Selon des sources internes, des plans d’urgence sont déjà en cours d’examen.
  • La carte de « l’Inde » : Le moyen le plus rapide de rallier le soutien domestique et de créer une diversion stratégique est d’inclure l’Inde dans l’équation. C’est une soupape de sécurité éprouvée, déjà utilisée par le passé.
  • Réponse asymétrique : L’avertissement de viser Delhi et Mumbai suggère un possible abandon des escarmouches frontalières conventionnelles au profit de frappes en profondeur sur le territoire indien, un scénario cauchemardesque pour les agences de renseignement indiennes.

Alors que les couloirs diplomatiques s’activent entre condamnations et appels à l’apaisement, les propos de Basit ont déjà atteint leur objectif : ils ont recadré la conversation. Il ne s’agit plus seulement des tensions entre les États-Unis et le Pakistan ; il est désormais clairement question du potentiel d’une guerre massive et catastrophique dans le sous-continent. Les références à des figures spirituelles comme Abdul Basit 'Abd us-Samad ou aux récitations apaisantes de la Sourate Youssouf semblent appartenir à un monde lointain, bien loin du fracas métallique et brutal de cette rhétorique militaire.

Nous avons déjà vu ce scénario par le passé, où des conflits régionaux servent de prétexte pour viser l’autre. Mais l’évocation aussi explicite de Mumbai et Delhi, et par un homme de la stature de Basit, marque une dangereuse escalade dans le discours. Qu’il s’agisse d’un véritable plan stratégique ou d’une mise en scène politique à très hauts risques visant à dissuader les États-Unis et à avertir l’Inde, l’effet est le même : cela fait monter la température dans la région jusqu’à un point d’ébullition. Les prochains jours mettront à l’épreuve les nerfs des décideurs à Delhi, Islamabad et Washington, alors qu’ils tenteront de naviguer dans ce champ de mines exposé par l’une des voix les plus expérimentées de la dynamique entre le Pakistan et l’Inde.