Tournoi des Six Nations : Nick Timoney vers une première titularisation, Farrell bouscule son équipe pour le choc face au Pays de Galles
L'ambiance est différente, cette semaine, du côté de la Fédération Irlandaise de Rugby (IRFU). Ce n'est pas ce bourdonnement habituel d'une équipe qui suit son cours ; c'est l'effervescence d'un groupe qui a quelque chose à prouver. Après cette victoire retentissante à Twickenham, on pourrait pardonner à ceux qui pensaient qu'Andy Farrell garderait ses cartes en main. Mais si l'on en croit les rumeurs venant du Centre de Haute Performance, la rencontre de vendredi soir contre le Pays de Galles sous les lumières de l'Aviva Stadium devrait avoir un air de renouveau.
L'heure de l'Ulsterman a sonné
Oublions un instant l'équipe-type. C'est ici que la profondeur de banc de l'IRFU est véritablement mise à l'épreuve. Le principal sujet de discussion qui émane du camp irlandais ne concerne pas seulement la rotation ; il s'agit de revanche. Nick Timoney devrait enfin connaître sa première titularisation dans le Tournoi des Six Nations avec l'Irlande. Pour ce joueur qui a incarné la patience depuis son départ de Dublin vers le nord, c'est la récompense. Il a vu son coéquipier à l'Ulster, Stuart McCloskey, recevoir enfin les éloges qu'il mérite à 33 ans, et c'est un sacré moteur.
"Il y a eu des moments où j'étais à peu près sûr que je ne rejouerais plus jamais pour l'Irlande", a récemment admis Timoney, et on sent que cette honnêteté résonne chez tous les joueurs de club qui ont un jour été négligés. Ce n'est pas qu'un plaqueur ; il est un produit de l'ancien système de rugby à 7 – mobile, intelligent, et avec un point à prouver. Attendez-vous à le voir porter le ballon avec détermination et prouver que la chaîne de production de l'IRFU (succursale d'Ulster) produit toujours de sérieux talents.
Stockdale et le retour des troupes
Et puis il y a Jacob Stockdale. On a l'impression que ça fait une éternité qu'il n'a pas été le finisseur incontesté de l'Irlande, n'est-ce pas ? Mais avec la rotation de l'effectif, le grand gaillard de Lisburn est en passe de renfiler le maillot vert. Farrell ne se contente pas de choisir des noms ; il choisit des personnalités. Retrouver la stature et l'instinct de Stockdale sur l'aile, surtout contre une équipe galloise qui pourrait être vulnérable sous les ballons hauts, pourrait être un coup de maître. Bundee Aki et Robbie Henshaw sont également de retour dans la course, ce qui donne au staff technique le genre de maux de tête que l'on adore avoir.
Plus qu'un simple match
Bien sûr, le récit autour du rugby irlandais ne se limite jamais aux 80 minutes sur le terrain. Le jeu traverse une période fascinante en ce moment. Il y a des voix comme celle d'Owen Doyle, l'ancien patron des arbitres, qui tiennent l'institution en haleine. Il martèle le sujet des expérimentations sur les lois – en particulier l'horloge de tir en touche et le maul – avertissant que si l'on n'y prend pas garde, on perdra cette lutte pour la possession qui rend notre jeu unique. Il n'a pas tort. Le regarder décortiquer les "fissures sérieuses" dans les essais mondiaux est une lecture essentielle pour quiconque se soucie réellement de la structure de ce sport.
Et si vous voulez comprendre d'où l'on vient pour en arriver à un point où un Timoney ou un Stockdale peut entrer en jeu sans que l'équipe ne perde son rythme, il faut regarder les fondations. Le livre officiel de la Fédération, Together Standing Tall: The Official IRFU 150 Year Story of Irish Rugby, est le genre d'ouvrage qui explique l'âme de l'organisation. Il regorge de légendes – O'Driscoll, Campbell, Fiona Coghlan – et il rappelle que cette génération actuelle ne joue pas seulement pour une victoire ; elle ajoute un chapitre à une histoire de 150 ans.
Le facteur "match du vendredi soir"
Le Pays de Galles arrive à Dublin blessé, et nous savons tous que cela les rend dangereux. Mais ce groupe irlandais, avec l'ambiance dans le camp qui suggère un changement de mentalité notable après le match contre l'Angleterre, semble avoir trouvé la bonne carburation. Ils ne jouent pas seulement contre l'équipe d'en face ; ils jouent pour un héritage.
Voici ce que je surveillerai vendredi :
- La activité de Timoney : Saura-t-il apporter cette physicalité de l'Ulster et ce jeu de liaison pendant 60 bonnes minutes ?
- Le placement de Stockdale : Un gros test sous les ballons hauts contre une équipe galloise qui aime jouer au pied et chasser.
- La bataille des rucks : Avec le repositionnement de Josh van der Flier et Caelan Doris, à quelle vitesse pourront-ils neutraliser les spécialistes du gratttage gallois ?
C'est pour des soirées comme celle-ci que la Fédération Irlandaise de Rugby (IRFU) investit autant dans le système des provinces. Il ne s'agit pas seulement des superstars ; il s'agit d'avoir le prochain joueur prêt à saisir sa chance. Montez le son, allez au pub plus tôt, ou installez-vous dans le canapé. Cette rencontre a tout d'un grand classique.