L'ascension du phénomène HS Tikky Tokky : des déguisements de festival aux rêves de supercars et à la sphère masculine
Si vous avez fait défiler TikTok ou Instagram récemment, vous êtes probablement tombé sur ce nom. C'était peut-être un garçon à Electric Picnic l'année dernière, arborant un voyant déguisement d'influenceur HS Tikky Tokky, ou un clip viral montrant un type à Dubaï frimant avec une supercar. Le nom lui-même, 'HS Tikky Tokky', est devenu un raccourci pour un type très spécifique de célébrité en ligne – le genre bruyant, sans vergogne, et qui laisse souvent perplexe. Et grâce à la dernière enquête approfondie de Louis Theroux, on en reparle.
Le documentaire, diffusé ce week-end, a fait jaser tout le pays. Theroux, comme toujours, s'entretient avec les figures qui façonnent la masculinité moderne, et on ne peut explorer ce paysage sans croiser l'ombre d'Andrew Tate et de ses disciples. Mais ce qui a vraiment retenu notre attention, c'est l'écosystème qui a émergé autour de ce monde – un monde où vendre des supercars à des gens comme HS Tikky Tokky n'est qu'un jour de travail ordinaire.
Qui (ou Quoi) est HS Tikky Tokky ?
Voilà le truc : HS Tikky Tokky n'est pas vraiment une personne. C'est plutôt un style, un personnage, un mème qui a pris sa propre vie. Vous verrez ce nom apposé sur des articles de festival – cet ensemble de tenue de festival déjanté qui est devenu un incontournable pour les gars se rendant à tout, de Longitude à Holi One. C'est le genre de costume qui crie "regardez-moi" : lunettes de soleil surdimensionnées, chaînes en toc, peut-être une perruque qui a vu des jours meilleurs. C'est ironique, c'est un peu pour déconner, mais c'est aussi un uniforme pour une génération élevée avec les arnaqueurs YouTube et les plans pour devenir riche rapidement.
Considérez-le comme la manifestation physique des blagues de la sphère masculine. Porter un costume HS Tikky Tokky ne consiste pas seulement à se déguiser ; c'est signifier qu'on est dans la confidence – même si la blague commence à s'épuiser un peu.
Rêves de Dubaï et Vendeurs de Supercars
C'est là que le style de vie empiète sur la réalité. Prenez un gars comme Brandon de CV Auto. Il est le vendeur de voitures archétypal qui a fait le saut du Royaume-Uni à Dubaï, et ses réseaux sociaux sont un flux constant de ventes de voitures haut de gamme aux influenceurs mêmes que Theroux profile. Dans une vidéo récente, il discute de la différence entre la vie à Dubaï par rapport au Royaume-Uni – le soleil, les revenus sans impôts, l'absurdité pure de vendre une Bugatti à quelqu'un comme HS Tikky Tokky ou Andrew Tate lui-même.
L'histoire de Brandon est le rêve qu'ils vendent tous : échapper au morne quotidien britannique, se rendre dans le Golfe et côtoyer les ultra-riches. C'est un argument séduisant, et il trouve un écho chez les jeunes Irlandais coincés dans des boulots sans issue, regardant ces vidéos de luxe en contemplant la pluie. Le contraste ne pourrait être plus frappant.
Project X Zante : Le Terrain de Jeu de la Sphère Influenceurs
Et où ces personnages vont-ils se défouler ? Eh bien, si la supercar est le symbole de statut, alors Project X Zante est le pèlerinage annuel. L'île grecque est devenue synonyme du genre de fêtes hédonistes, à la limite de la légalité, qui donnent l'impression que le film est une soirée tranquille. C'est un rite de passage pour la génération Instagram – un endroit où le personnage de HS Tikky Tokky prend vie, alimenté par l'alcool bon marché, les voitures de location chères et la pression constante de créer du contenu.
Vous verrez les mêmes têtes chaque été : des gars dans ces tenues de festival, des filles en bikinis assortis, essayant tous de se surpasser pour le cliché le plus extravagant. C'est une économie autonome, construite sur les likes et les posts sponsorisés, et elle ne montre aucun signe de ralentissement.
Le Regard de Louis Theroux
Ce que Theroux fait si bien, c'est de lever le voile sans jugement. Dans son dernier film, il parle à des parents qui ont vu leurs fils se faire aspirer dans ce vortex de positivité toxique et d'argent facile. Il discute avec les influenceurs eux-mêmes, posant les questions que nous pensons tous : "Est-ce que tout cela vous rend vraiment heureux ?" Les réponses, comme on peut s'y attendre, sont souvent plus compliquées qu'une vidéo TikTok de 30 secondes ne le laisserait penser.
Au final, HS Tikky Tokky et ses semblables sont un produit de leur époque – une fusion étrange de culture festival, d'arnaques en ligne et de la quête éternelle de statut. Que ce soit un costume, une voiture ou une semaine à Zante, tout cela fait partie du même spectacle. Et comme tout bon spectacle, on ne peut pas détourner le regard.
Trois choses à savoir sur le phénomène HS Tikky Tokky :
- Le Costume : L'ensemble de tenue de festival déjanté, le déguisement d'influenceur HS Tikky Tokky est un véritable best-seller en ligne, souvent avec des couleurs fluo, de la fausse monnaie et des slogans ironiques. C'est l'uniforme officieux des jeunes fans de la sphère masculine.
- Le Lieu : Project X Zante est devenu le hub européen pour cette foule, avec des circuits et événements dédiés construits autour de l'esthétique influenceur.
- La Voix : Des figures comme Brandon de CV Auto agissent comme les narrateurs auxquels on peut s'identifier, documentant le fossé entre le rêve de Dubaï et la réalité de la lutte pour des vues.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un gars en T-shirt HS Tikky Tokky tituber en sortant d'un bar, souvenez-vous : ce n'est pas qu'un simple costume. C'est un style de vie.