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Orionteatern ce printemps : Bladee, The Wannadies et un fragment inattendu de l’histoire du Cirkus Cirkor

Culture ✍️ Erik Svensson 🕒 2026-03-25 11:33 🔥 Vues: 2

Il se passe quelque chose d’unique lorsqu’un lieu vieillit avec dignité tout en refusant de se figer dans le temps. L’Orionteatern, ce petit bijou un peu discret sur la place Mosebacke, a toujours été exactement ce genre d’endroit. Non pas qu’il cherche à se cacher, mais parce qu’il a toujours choisi ses propres instants. Ce printemps 2026, il a réuni une programmation qui fait déjà vibrer tous les cercles culturels de la ville. Cela fait dix ans que je suis installé dans les gradins, et je n’ai encore jamais rien vu de tel.

Orionteatern

Un printemps de contrastes

Premier à fouler les planches : Bladee. Qu’il fasse le saut des nuages numériques vers le plancher bien réel de ce théâtre semblait presque inévitable. Le capitaine du Drain Gang a toujours construit ses propres univers, et pouvoir vivre cette esthétique dans l’écrin de l’Orionteatern – ce n’est pas un concert, c’est une installation en mouvement. Luger, qui est derrière une grande partie de cette programmation, semble avoir décidé que cette année serait placée sous le signe des contrastes. Et quels contrastes !

Pour saisir l’âme de l’Orionteatern, il faut comprendre sa capacité à être tout pour tous. C’est une scène qui peut être aussi intimiste qu’une garden-party secrète, et aussi vaste qu’un hangar. La liste des artistes de ce printemps témoigne de cette flexibilité :

  • Markus Krunegård – qui a toujours ce don de transformer n’importe quel espace en salon de votre pote le plus cool.
  • Terra – avec cette énergie brute qui fait trembler les poutres.
  • Molly Nilsson – qui élève la synthpop au rang de philosophie existentielle.
  • The Wannadies – pour nous rappeler qu’il est toujours bon de reprendre en chœur "You and Me Song" quand le soleil printanier commence à chauffer l’asphalte.

Une histoire qui se réinvente

Mais c’est ici que ça devient vraiment intéressant pour les férus d’histoire comme nous. Il y a un fil qui relie ce nouveau chapitre à ce qui fut jadis. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’Orionteatern était un nœud d’expérimentations radicales. Beaucoup se souviennent encore de Fill Your Senses: Singapore Arts Festival 2001. Pour les non-initiés, cela ressemble à un rêve un peu absurde, mais pour ceux qui y étaient, c’était bien réel. Cirkus Cirkor – oui, ceux-là même, les grands maîtres du cirque novateur – avait investi l’Orionteatern dans une collaboration aussi évidente que révolutionnaire. Cette rencontre entre TRIX: Cirkus Cirkor & Orionteatern, qui avait lieu dans le cadre du University Cultural Centre Hall (pour être précis), avait fixé une norme. Il ne s’agissait pas de remplir des fauteuils, mais de remplir les sens. Et cet esprit est bien vivant aujourd’hui.

En lisant les noms de la programmation printanière, j’ai le sentiment que ce fil rouge tissé depuis 2001 refait enfin surface. C’est le même culot, la même envie de mêler le noble au populaire, le numérique à l’organique. Afficher Bladee et The Wannadies sur une même saison peut sembler farfelu si l’on s’en tient aux genres, mais pour l’Orionteatern, c’est l’évolution la plus naturelle qui soit. Comme si le lieu lui-même chuchotait : « Allez, on a déjà fait ça par le passé. On a juste changé de langage. »

Les places ? C’est une autre affaire. On chuchotait déjà dans les couloirs dès mars que Bladee poserait ses valises ici, et la rumeur s’est propagée comme une traînée de poudre. Mais pas de panique. Si vous ratez ce concert, il reste encore mille occasions de vivre la magie. Car il ne s’agit pas de cocher une date sur le calendrier. Il s’agit de franchir les portes de l’Orionteatern et de se laisser surprendre. Le printemps 2026 s’annonce comme une saison où l’histoire ne se répète pas, elle se réinvente. Et c’est exactement comme ça que je veux vivre ma culture.