Accueil > Culture > Article

Aitana Sánchez-Gijón à 57 ans : la leçon de style et le lien avec Almodóvar que personne n'a vu venir

Culture ✍️ Carlos Martín 🕒 2026-03-20 00:53 🔥 Vues: 1

Le cinéma espagnol a ses reines, et l'une d'elles, sans sceptre ni artifice, est Aitana Sánchez-Gijón. L'actrice, qui prouve depuis des décennies que l'élégance et le talent n'ont pas d'âge, a été le centre de tous les regards cette semaine à Madrid. La raison : son retour dans son habitat naturel, le tapis rouge, pour présenter son dernier projet tant attendu avec Pedro Almodóvar. Et en bonne star qu'elle est, elle a illuminé la nuit d'une leçon de style qui est déjà entrée dans l'histoire.

Aitana Sánchez-Gijón à l'avant-première de son nouveau film

Le pouvoir d'une veste : le revival Hermès

Oubliez les excès. Ce qui définit Aitana Sánchez-Gijón dans cette nouvelle étape, c'est l'assurance de quelqu'un qui n'a pas besoin de se déguiser pour être le centre de l'attention. Pour la première, organisée dans un cinéma du centre de la capitale, l'actrice a opté pour un look à l'impact subtil : une veste structurée Hermès qui, grâce à sa coupe parfaite, lui sculptait une taille de guêpe, laissant plus d'une personne bouche bée. Ce n'est pas juste une veste, c'est une déclaration d'intention. À 57 ans, Aitana ne se contente pas de rivaliser avec les jeunes générations, elle les surclasse largement dans l'art de la présence.

La presse, bien sûr, est en émoi. Les chroniques mode soulignent comment le vêtement, loin de ressembler à un déguisement ou à une tentative désespérée de paraître plus jeune, s'intégrait parfaitement à sa chevelure argentée et à son port classique. Mais attention, car le fond de l'histoire est bien plus savoureux que la forme.

Retrouvailles avec Almodóvar : un Noël "amer" qui a des airs de consécration

Le motif de ces retrouvailles n'est autre que le nouveau film du réalisateur manchègue. Il y a quelques jours, Aitana Sánchez-Gijón elle-même dévoilait en interview les coulisses de ce tournage. Elle évoquait un "Noël amer" dans l'intrigue, un contexte qu'elle, avec sa capacité à transmettre le drame intérieur, excelle à incarner comme personne. Revoir Aitana et Almodóvar ensemble, c'est comme réécouter un vieux succès des Beatles : on sait que ça va être bon, mais quand on l'entend, on réalise à quel point cela nous avait manqué.

Dans cet entretien, l'actrice révélait comment s'était passé ce retour auprès du réalisateur. Ce mélange de vertige et de confiance, cette certitude d'être entre les meilleures mains pour être poussée dans ses retranchements. Et croyez-moi, si quelqu'un sait faire émerger les nuances les plus complexes d'un personnage, c'est bien Almodóvar, et s'il y a une actrice capable de soutenir son regard sans ciller, c'est Aitana Sánchez Gijón.

Du tapis rouge à l'imaginaire collectif

Ce qui me fascine chez Aitana, c'est cette capacité de réinvention sans esbroufe. Pendant que d'autres cherchent les gros titres par la polémique, elle les obtient en posant avec une veste ou simplement en nous rappelant pourquoi elle est l'une des grandes. Lors de la première, ce ne sont pas seulement ses looks qui ont défilé ; ses souvenirs aussi. Les photographes ont capté une femme sûre d'elle, posant avec la naturalité de celle qui a foulé mille tapis rouges, mais avec l'enthousiasme de celle qui foule le premier. Car c'est peut-être là le secret de son éternelle jeunesse.

Si l'on repense à sa carrière, on trouve des jalons qui ont marqué plusieurs générations. Voici seulement trois perles à sa couronne :

  • Ses heures romaines : Avec 'La Célestine' et d'autres films des années 90, elle est devenue l'égérie de toute une génération.
  • Le respect unanime : Elle est l'une des rares actrices à avoir travaillé avec les plus grands du cinéma italien, espagnol et anglo-saxon sans jamais perdre sa touche méditerranéenne.
  • Le style après 50 ans : Elle est devenue une référence de la mode "argentée" sans le chercher, simplement en étant elle-même : élégante, sobre, avec cette pointe de sophistication que seule l'expérience apporte.

Au final, ce qu'il reste, c'est la certitude qu'Aitana Sánchez-Gijón n'est pas une actrice comme les autres. Elle est un pont entre la tradition et la modernité, une femme qui, à 57 ans, démontre que le talent n'a pas de date de péremption et que, parfois, la meilleure façon d'habiller une première est d'être soi-même, mais avec une veste neuve (et Hermès, bien sûr). Le film promet, mais elle est déjà, à elle seule, le meilleur des avant-premières.